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LE POINT
DE VUE DU RÉALISATEUR
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Est-ce qu'il y avait vraiment des slogans de ce type en Albanie à l'époque ?
Effectivement, ces slogans ont bien existé. Il s'agit d'une propagande politique, d'une pression idéologique, qui a été omniprésente dans toute l'Albanie du dictateur Enver Hoxha. Le film se sert de la réalité, le scénario est basé sur des faits réels, sans être non plus un documentaire. Le film est un petit morceau de la vie quotidienne de l'Albanie à cette époque.
Etait-ce fréquent qu'on fasse autant de préparatifs et de cérémonies pour le simple passage en voiture d'un membre du cabinet ?
Il a existé, dans l'Albanie de l'époque, des cérémonies pompeuses pour le passage de voitures des membres du bureau politique, comme le fait le Secrétaire du Parti dans le film. Tout était fait pour que les gens se rendent aux cérémonies et que ça paraisse naturel, alors que ce ne l'était pas du tout. Les gens étaient souvent forcés, menacés pour y participer. C'était un mécanisme qui était mis en place par les différents leviers du Parti pour que les membres du bureau politique et les leaders croient que tout cela était vrai, et ils y croyaient. C'est absurde. Mais celte absurdité n'a pas existé seulement dans les pays communistes.
"Le film n'est pas un procès du communisme,
mais de tous les dogmes idéologiques."
Est-ce qu'il y a des traces de cette époque qui restent dans la vie quotidienne actuelle ?
Effectivement il y a des traces de cette répression, c'était tellement fort. Mais à mon avis en Albanie, il faut maintenant s'éloigner de toute influence politique pour faire du cinéma. Le cinéma albanais a longtemps raconté des histoires de façon manichéenne. SLOGANS veut parler des nommes opprimés par quelque régime que ce soit.
Slogans aurait pu avoir un traitement tragique, pourtant c'est un film "tragi-comique". Est-ce que vous avez cherché à le rendre plus comique ?
C'est l'absurdité de l'époque. C'est absurde, c'est pour ça que le film sonne parfois tragique et parfois comique, puisque le comique et tragique se mélangent... Je crois aussi qu'il y a deux sortes de réalités au cinéma, la réalité " réelle " et la réalité artistique. J'ai voulu transmettre cette réalité "réelle". Je n'ai pas pensé à faire un film absurde, ni un film comique, j'ai fait seulement un film réaliste. Les différents éléments comme l'humour, l'absurdité, la douleur, la tristesse, apparaissent encore plus prononcés et plus touchants parce qu'ils sont dérivés de la réalité.
Malgré le regard critique sur le contexte politique, Slogans s'attache à la condition humaine des personnages...
Le côté humain du film vient de la réalité. Les gens croyaient vraiment à ces dogmes, c'est pour ça qu'on sent leur peine. Mon but n'est pas d'accabler ce système mais plutôt de témoigner de l'époque afin qu'on s'en souvienne.
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Vous-même, vous n'avez jamais fait personnellement des slogans en pierre sur les collines lorsque vous étiez enfant ?
A Tirana, la capitale, il n'y a pas de collines. Par contre, à l'école, on faisait tout ce qu'il était possible de faire à l'époque sous la pression de la dictature. J'assistais aux passages de membres du bureau politique, aux parades et aux fêtes politiques organisées par le Parti... À l'époque, mon père était persécuté parce qu'il était écrivain et qu'il avait écrit une œuvre réaliste. Cela s'est répercuté sur ma vie. Quand j'étais en primaire je n'avais pas le droit de m'asseoir dans les premiers rangs. On m'a toujours mis au fond. Plus tard, avec mes amis, j'ai découvert les films, la littérature, la peinture, l'art du reste du monde. Il fallait faire attention car la culture étrangère étant interdite nous pouvions être condamnés. Je faisais attention mais je n'ai jamais pensé à renverser le système, je n'ai jamais été dissident.
Comment avez-vous choisi vos acteurs ?
Luiza Xhuvani et Artur Gorishti étaient élèves avec moi à l'Académie des Beaux-Arts. Birçe Hasko, qui joue le prof de maths Secrétaire du Parti, était notre professeur... et le Secrétaire du Parti des Beaux-Arts.
Les enfants ne sont pas des acteurs professionnels. Est-ce qu'il a été difficile de travailler avec des enfants ?
Effectivement c'était le point le plus critique du film. J'ai choisi les enfants du village de la même école. Je leur ai donné le texte, et ils l'ont adapté à leurs propres mots. Les enfants ont même pris l'habitude de dire Professeur André, Professeur Diana. C'est devenu une réalité, c'était normal pour eux. C'était le seul moyen pour créer une réalité crédible. Si c'est réussi, c'est dû surtout au travail des acteurs. Les enfants n'étaient pas au courant qu'ils allaient fabriquer ces slogans pendant le tournage. Comme dans les conditions réelles, c'était à Artur Gorishti (Professeur Anaré) et à Luiza Xhuvani (Professeur Diana) de leur expliquer.
Sur le tournage, comment ont réagi les albanais qui ont vécu à cette époque ?
La démocratie n'existe que depuis 1991. Elle est si fragile et le passé reste si proche que certains, voyant les enfants avec leurs foulards rouges construisant des slogans, pouvaient avoir un instant de doute ou une certaine nostalgie. C'est leur vie. On ne peut pas nier une partie de nous-même. Certaines personnes âgées m'ont demandé " vous êtes communiste ou démocrate ? ". J'ai répondu tout simplement que je faisais un film.
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Octobre 1912 : Après cinq siècles d'occupation Ottomane, l'Albanie accède à l'indépendance
Juillet 1913 : La conférence des ambassadeurs des six grandes puissances reconnaît l'Albanie comme une principauté et désigne ses frontières en laissant le Kosovo à la Serbie.
Décembre 1920 : A la fin de la Première Guerre mondiale, après avoir été envahie par les armées des deux camps, l'Albanie est admise à la Société des Nations.
Avril 1921 : Les premières élections indépendantes.
Janvier 1925 : L'Albanie est proclamée République Parlementaire et le Premier Ministre Ahmet bey Zogu (1895-1961 ) se proclame Roi d'Albanie sous le nom de Zog 1er.
Avril 1939 : L'Italie occupe l'Albanie. La résistance Albanaise s'organise autour du Parti Communiste dirigé par Enver Hoxha et en liaison avec la Yougoslavie de Tito.
Novembre 1944 : L'Albanie est libérée et s'engage dans le camp socialiste.
1948 : Enver Hoxha rompt les relations avec la Yougoslavie de Tito.
1961 : L'Albanie rompt les relations avec l'URSS et se tourne vers la Chine.
1978 : L'Albanie rompt les relations avec la Chine et s'isole totalement du reste du monde.
1995 : Mort de Enver Hoxha.
11 Décembre 1990 : Retour du Multipartisme.
Depuis le retour de la démocratie, les Socialistes (anciens communistes) et les Réformateurs
anti-communiste alternent au gouvernement.
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Pendant la période de la dictature en Albanie, l'une des propagandes les plus répandues était d'écrire des slogans politiques avec des pierres sur les versants des collines et des montagnes, sur tous les points saillants qui pouvaient frapper la vue des passants. Les slogans étaient nombreux. Ceux de dimension normale mesuraient 15 mètres de longueur et chaque lettre avait 1,50 mètre de hauteur. Leur écriture était confiée aux enseignants, responsables des classes, et chaque professeur avait la responsabilité de son slogan. Les slogans gigantesques, où la hauteur des lettres pouvaient atteindre jusqu'à 5 mètres, étaient confiés aux sections militaires. Compte tenu de cette répartition, chaque village était obligé d'en construire au moins 10. Le contenu des slogans était dicté par le Comité Central du Parti pour démontrer que c'était le peuple qui, par sa propre volonté, exprimait spontanément ses sentiments sur les flancs des montagnes, en se servant de n'importe quoi, même de pierres selon les circonstances. Cette façade camouflait un système parfait et rigoureux de contrôle et d'organisation.
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SLOGANS A REÇU LE PRIX DE LA
JEUNESSE - CANNES 2001
Le prix de la jeunesse a été créé en 1982 par le Ministère de la Jeunesse et des Sports pour permettre aux jeunes de participer à un événement majeur de la vie cinématographique : le Festival International du Film de Cannes. Depuis 1 993 le Prix est reconnu partenaire officiel du Festival. Le Jury Jeunes, composé de sept cinéphiles européens, âgés de 18 à 25 ans, a pour mission de primer un film français et un film étranger parmi les le et 2e œuvres de réalisateurs concourant dans les deux sélections parallèles du Festival, La semaine de la critique et La quinzaine des réalisateurs, ainsi que dans la sélection officielle Un certain Regard. Depuis vingt ans, les jeunes ont récompensé à Cannes des réalisateurs français (Romain GOUPIL, Léos CARAX, Cédric KAHN, Emmanuel FINKIEL..) et étrangers (Spike LEE, Jaco Van DORMAEL, " le Projet Blair Wich "...) encore inconnus, qui ont acquis depuis une notoriété incontestable. La pertinence de ces choix s'est révélée être très souvent en adéquation avec les préférences des jeunes en général et celles du public dans son ensemble. Cette année, les jeunes ont primé pour le film étranger : Slogans.
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SYNOPSIS
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Fin des années 70. André, jeune professeur de biologie venu de Tirana, prend ses
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nouvelles fonctions dans une école élémentaire d'un village reculé des montagnes
albanaises. Il découvre que la principale activité du directeur de l'école est d'attri- buer à chaque classe un slogan politique. Entre " GLOIRE A L'ESPRIT REVOLUTIONNAI- RE " et " L'IMPERIALISME AMERICAIN EST UN TIGRE DE PAPIER ", André, face à la réaction de ses élèves, comprend vite qu'il doit choisir le plus court : les lettres devront être formées en pierre et alignées, au prix d'un travail exténuant, sur les flancs des mon- tagnes par les enfants et leur maître. Ces " devoirs politiques " rythment la vie du village de manière aussi comique qu'inattendue et feront naître une histoire d'amour entre André et la jolie professeur de français, Diana. Sous le regard paranoïaque du secrétai- re du Parti, les moindres rumeurs et les plus petites rivalités de cette communauté pren- nent un tour tragi-comiques. Mais c'est avec la préparation de la venue dans la région d'un haut dignitaire politique que l'absurdité du régime de la dictature d'Enver HOXHA atteindra son comble et dévoilera son vrai visage. |
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Fiche technique
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GJERGJ XHUVANI
REALISATEUR
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1 h 30 - France/Albanie - 2001
Scénario Ylljet Aliçka, Yves Hanchar, Gjergj
Xhuvani
Image Gérald Thiaville
Son Pierre-Yves Lavoué
Décor Shakir Veseli
Montage Didier Ranz
Musique Denis Barbier
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Né en 1963, à TIRANA (ALBANIE). Diplômé en 1986 de l'Académie des Beaux-Arts (option
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Théâtre) à Tirana. De 1986 à 1990, travaille comme assistant-réalisateur sur de nombreux films. Auteur de scénarios de films d'animation, il a également publié deux romans pour enfants "The Boat of the Poor" et "Up to 12 o'clock".
1999 , FUNERAL BUSINESS (MOYEN METRAGE) - 30 MIN
SELECTION AU FESTIVAL DE VENISE GRAND PRIX, FESTIVAL MEDITERRANEEN, MONTPELLIER PRIX SPECIAL DU JURY, EUROFESTIVAL, REPUBLIQUE TCHEQUE
1996 , TIRANA 96 (DOCUMENTAIRE) - 15 MIN
1995 , LE DERNIER AMOUR (1ER LONG METRAGE)
MENTION SPECIALE DU JURY - FESTIVAL DE LA MEDITERRANEE - BASTIA
1994 , UN JOUR DANS LA VIE (MOYEN METRAGE)
1993 , LE DERNIER DIMANCHE (COURT METRAGE)
MENTION SPECIALE DU JURY - FESTIVAL DE LA
MEDITERRANEE - BASTIA
1991 , BLANC ET NOIR (COURT METRAGE)
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Artur Gorishiti, Luiza Xhuvani,
Agim Qirjaqi, Birçe Hasko |
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Interprétation
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Production
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Anne-Dominique Toussaint,
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Pascal Judelewicz,
Les Films des Tournelles,
10 rue Sainte-Anastase, 75003 Paris
Tél. : 01.42.77.62.34,
Fax : 01.42.77.76.70,
e-Mail : tournelles@tournelles.com
Albanian General Vision (Albanie),
Roissy Films (France), Les Films en
Hiver (France)
Distribution France Les Films des Tournelles Distribution
Attachée de presse Viviane Andriani -
Tél. : 01.42.66.36.35
Sortie le 31 octobre 2001
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Créée en 1955 pur des directeur de salle et de critique. l'Association Française de Cinémas d'Art et d'Essai (A.F.C.A.E.) a obtenu
un statut officiel en 1959 grâce à André Malraux, alors Ministre de la Culture. Comptant à ses débuts 5 salles adhérentes, elle en comp- te, en 2001, près de I200 dont plus de 900 écrans classés. Les salles de cinéma adhérentes à l'AFCAE ont choisi de défendre le cinéma des auteurs en leur consacrant une large part dans leur programmation. Leurs écrans sont des fenêtres ouvertes sur le monde et leurs salles des espaces d'expression et de liberté. Chaque année, les salles Art et Essai soutiennent des films parce qu'il leur semble indis- pensable :
• de découvrir de nouveaux talents,
• de suivre en toute fidélité des auteurs importants,
• de favoriser les cinémalographies de tous les continents.
Ainsi, dans un esprit de responsabilité publique, les salles de cinéma Art et Essai ont soutenu Slogans pour qu 'une rencontre puisse
avoir lieu entre ce film et vous, dans voire salle de proximité.
Ce document vous est offert par l'Association Française des Cinémas d'Art et d'Essai 13 square Gabriel Fauré 75017 PARIS
Tel : 01 56 33 13 20 - Fax : 01 43 80 41 14 - E-Mail : afcae@art-et-essai.org - Site : http://www.art-et-essai.org |
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Conception AFCAE - Impression : Typoform
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